CENTRE AIKIDO FORBACH
Salle des Arts Martiaux - Rue de Remsing
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Comprendre l'aikido

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Chères lectrices, chers lecteurs

Pourquoi ce titre ? et bien tout simplement, parce que j'ai eu l'opportunité d'en lire le livre écrit par "Olivier Gaurin" ,  édité chez "Budo Editions" (novembre 2001), et il m'a paru nécessaire, voire important de vous en faire part, sous forme de "Relevé Episodique", relevant, ce qui pour moi, très personnellement, en représentait  : "d'essentiel","de compréhensible","d'éducatif",de fondamental dans notre pratique quasi quotidienne, ou toute au moins hebdomadaire.

Alors bien entendu, ces "Relevés", ne doivent pas vous empêcher, de, lire le livre, ou même le relire, au contraire !!

Je tiens, tout de suite à préciser, que je n'ai aucun mérite, celui-ci en revient à l'auteur, c'est pour cette raison, que je ne fais que "copier" des "éléments" de "ses textes".


Je vous souhaite, à toutes et à tous, bonne lecture et surtout bonne "Mise en pratique"
 

Voici, à présent, chronologiquement, ces "Relevés" :


"DE L'AÏKIDO A LA MASSE"

Entrons dans la tornade alors du sujet et d'une façon directe : l'Aïkido n'est pas une discipline de self défense. En effet, son but ne consiste pas à SE défendre, ni à détruire, à sa réception, une forme agressive pour s'en garder, ni ne consiste à s'en protéger en construisant des barrières pragmatiques ou des dérivations de forces constituées de parades, d'oppositions ou d'intimidations, voir de combinaisons de ces différentes techniques. En fait, ce n'est pas une discipline tournée sur soi ("self" en anglais, "auto" en français), raison pour laquelle nous dénions d'emblée ici son appartenance au monde de ce qu'on appelle couramment la "self défense", de "l'autodéfense" en français ou plus couramment : la défense de soi.

L'Aïkido vise en fait la disparition dans l'espace et le temps de l'énergie agressive et non la disparition physique de son porteur, fut-il soi-même le pratiquant.

Il est très important d'absorber dans la réflexion de notre pratique ce concept à la fois novateur et fondateur de l'Aïkido, et de sa différence avec la plupart des autres arts martiaux (ou ce qu'ils sont devenus). Car il s'agit à proprement parler en Aïkido d'une sorte "d'annulation d'impasse" ou plutôt "de l'ouverture d'un passage", de "dérivation" par lequel s'effectuera l'épuisement des énergies agressives. Ceci par une technique globalement dynamique d'interpénétration dirigée, de canalisation vers une sorte de "MASSE NEUTRE" (au sens électrique du terme).

"L'ATTAQUE, CETTE INCONNUE"

Un partenaire qui n'est pas suivi ou juste dans son attaque enlève à l'acte d'Aïki son sens profond, et cela même à l'entraînement : car chercher coûte que coûte à annihiler une énergie qui n'existe pas réellement revient de fait à créer de toutes pièces une énergie contraire voulant démontrer qu'on peut faire de l'Aïkido sans se soucier de l'agresseur et de la forme de son agressivité. En gros "le passeur d'orage" se fait ici forçeur, attiseur d'orage, exploitant de violence (mais effectivement, il "fait" des mouvements).
C'est sûrement très efficace et peut-être impressionnant, parfois beau, voire cinématogénique. Mais finalement cette façon de vouloir imprimer un mouvement d'autodéfense ou de constriction à tout prix sur le partenaire parce qu'on l'a décidé est l'exact contraire du propos de "l'être de l'Aïkido" tel qu'il peut se définir. D'où une ambiguïté qui met mal à l'aise plus d'un pratiquant (du débutant au plus haut gradé, ne nous leurrons pas).

Mais quel est donc le fond de l'Aïkido ? Quel est le but de l'Aïkido ?
C'est surtout en fonction de ces deux questions que l'on peut rendre compte d'une qualité des familles d'arts martiaux ou familles d'Aïkido, si valorisation il y a à mettre en oeuvre en la matière. Une chose est
certaine cependant : si un moyen d'étude devient un but en soi, le danger est grand de perdre petit à petit le sens de ce que l'on fait. Un navire à terre n'est rien qu'un plaisir des yeux, plaisir fantasmatique, littéraire, plaisir imaginatif ou romanesque, entrain d'une préparation peut-être, mais pas plaisir de naviguer. Même si c'est le meilleur navire du monde, il ne reste qu'une ouverture imaginaire de l'esprit.
Le navire est construit pour naviguer. La technique est construite pour naviguer.

"ALORS "CONCORDANCE" ?"

"CONCORDANCE" en français vient du mot "coeur", il signifie :
"mettre les coeurs ensembles", on remarquera ainsi les mots ou expressions très proches de celui-ci en français : "d'accord, concorde,corde, s'encorder, accorder nos violons..." Car c'est bien de cela dont il s'agit : dans le cadre d'une attaque, il faudrait dans l'instant de l'impact accorder les violons, ou plutôt pour employer une image : la trompette et la guitare par exemple, afin de pouvoir jouer un morceau, même avec des partitions différentes, épuiser un morceau dans ce qu'il a de sublime au niveau énergétique, surtout avec des partitions différentes.
Dans le cadre d'un cours, de même, ce sera l'enseignant qui donnera le "la", c'est-à-dire non pas la pièce à jouer mais le ton à donner à cet enseignement, et cela de façon pratique. Il s'agit ici d'une vibration d'étude à accorder et non d'un son de tel ou tel type à produire.

Ainsi donc le support enclitique du mot AÏ-KI-DO : "AÏ", sera mieux traduit certainement par "concordance" que par "union" ou "amour" ou encore "harmonie" puisque ce n'est pas un assemblage amical quelconque d'instruments ou de techniques qu'on recherche mais la concordance, la mise en coeur (en choeur ?), un résultat par lequel ensuite il sera possible de communiquer (caractère calligraphique japonais de "kuchi" la bouche), c'est-à-dire la possibilité de faire jouer sur un même ton deux instruments ou styles dynamiques fondamentalement différents sur des partitions elles aussi différentes malgré une même pièce musicale : En clair, un être qui "hait", et qui attaque donc, et un autre...qui ne cherche fondamentalement pas à s'en défendre.

Faire de l'Aïkido, ce n'est pas laisser la liberté à l'agressivité d'aller où elle veut. Ce n'est pas chercher le complémentaire à la violence et ainsi créer un statu quo différent d'équilibre, c'est faire des "croche-pieds" (c'est une image) très discrets mais efficaces à la violence pour qu'elle chute dans le gouffre de sa propre énergie abandonnant ainsi son porteur soudain dénudé de cette vindicte.

"LE TIGRE... ET LA FERMIERE"

La gente féminine pense souvent qu'un Aïkido doux et coulé est la voie de l'Aïkido, de la concordance. C'est absolument faux dans le cadre de l'entraînement. Il ne s'agit pas en effet d'une problématique de douceur ou de brutalité, le problème est ailleurs. Il s'agit de chercher à aller toujours un peu plus loin que "la limite du jour avec ce partenaire-là" même si cette limite engendre des heurts. Il ne faudrait pas confondre ainsi maladresse (due à un débordement) et inaptitude. Sans cette très importante forme de pratique, le travail de fond ne se fait jamais bien et la douceur reste "un critère" de réussite là où elle n'est que faiblesse ou pire : tranquillité auto-hypnotisante, sécurité illisoire, mollesse de guimauve ou abandon de la voie.
Travailler avec une femme (ou un homme) physiquement ou psychologiquement beaucoup moins "'solide" que soi est ainsi très difficile. Parce qu'on doit exercer et exacerber sa capacité à ressentir cette limite et, sans brutalité ressentie ni raideur, tout en restant dans un cadre technique viable et réaliste, la faire monter en puissance ("puissance de travail et de volonté"n j'y reviens). Cette montée en puissance doit se faire sans décourager l'intention de cette (ou du) partenaire par ce qui pourrait passer pour un petit "viol" de son intégrité. "Viol" car elle peut considérer qu'on use de sa faiblesse relative. Elle se sait plus fragile, donc elle se sait en situation d'insécurité consciente, ou : moins à même de pouvoir s'extérioriser dans sa pratique (pour se protéger le plus souvent).
En ce sens le travail avec un partenaire plus faible est très interessant bien qu'on le juge le plus souvent, ne nous en cachons pas, avilissant. Mais ce même travail est interessant à condition (et à l'inverse) que ce partenaire se laisse aller à sa propre puissance sans réserve disproportionnée ou limite volontairement sous évaluée à fin de tranquillité, comme nous venons de le dire. Ce facteur montre la difficulté.

Un partenaire qui progresse nous fait progresser. un partenaire qui dort ou qui se protège exagérément nous fait régresser.


"VOYAGE AU PAYS DES HOMMES ?"

De même les vieux pratiquants d'Aïkido ou ceux qui ont "de l'expérience", pensent souvent qu'une position lourde, stable, est  une position forte. Peut-être, mais quel est son pouvoir de mobilité ? quel est son pouvoir de disponibilité ? quel est son pouvoir d'activation ou de "désactivation" instantanées d'un danger ? quel est enfin et pour finir son pouvoir de libération des potentiels physiques du corps ? Où se tient donc le véritable regard de sa lourdeur ?
Soyons lucides, rendez lucides, même ceux qui se font lourds pour se sentir en plus grande sécurité, ou qui veulent plus prosaïquement "se reposer" à l'entraînement où vous "apprendre...". Car ceux-là, et il faut le dire aussi, ceux-là en trichant font régresser tout le monde.
L'impasse de l'Aïki aboutit là, dans cette malhonnêteté de fond ou plutôt dans cette confusion de sens entre : contrer, donner, résister, se faire lourd ou léger, coopérer et subir.

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Catégorie : Articles divers

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